Dimanche 18 octobre 2009 7 18 /10 /2009 13:33

Récit de voyage en pays Cognaçais (suite)

 

Samedi matin, alors que mon camarade Marc Tardieu allait écouter Pierre Assouline parler de Simenon et voir le film « Panique » de Julien Duvivier (c’était un peu mon cas). J’errais dans les rues de Cognac à la recherche d’une boutique de téléphone. Le vendeur a essayé la carte Sim, après l’avoir essuyée sur sa manche, miracle elle n’avait pas encore rouillé et elle fonctionnait. Évidemment quand on est pressé, on achète n’importe quoi, il m’a fourgué le bigophone le plus pointu qui soit : TV, scanner, internet, radio, MP3 et j’en passe.

Arrivé en retard au festival, j’ai voulu téléphoner à ma famille pour prévenir que j’étais toujours vivant. Impossible de passer un coup de fil, tellement c’est compliqué. Écran tactile oblige dès que mon doigt l’effleure il m’oriente vers autre chose. J’ai laissé tomber et j’ai cherché mes livres pour m’asseoir à ma place. PAS DE LIVRES ! Les trois auteurs de choc des éditions Galodé étaient en rade : Pierre Alain Mesplède (Les Caïmans du Marais), Marc Tardieu(Les Apaches de Belleville) et moi. Le massacre continuait… Tout s’est arrangé vers 11 h quand le camion de livraison est arrivé. J’y croyais plus. 

Il faut que je vous dise un mot sur Pierre Alain Mesplède : c’est Zébulon ce mec-là, il ne tient pas en place, jamais là où il devrait être. Le week-end précédent à Polar du Sud à Toulouse, il s’était ramassé la tronche sur un trottoir et forcément à Cognac, il boitait bas et avait l’œil au beurre noir. Heureusement, Marc est là pour relever le niveau, toujours zen et imperturbable sous les coups. J’ai acheté un Poulpe à Pierre Alain (E Pericoloso for Jersey), le prix était encore en Franc Français, ( le cirque pour la conversion en euros) j’ai voulu lui parler de Jersey que je connais un peu, en fait l’action se passe à Guernesey. Jersey est juste là pour le jeu de mot…. Quand je vous dis que rien n’est simple.

Et soudain, il est apparu : qui ?...  Le journaliste de France Culture ! (C’est un moment de bonheur ce mec-là). La veille au soir, il nous avait promis un petit quelque chose, genre interview, à Marc et à moi. Mais je sentais que c’était un mensonge… son pif s’allongeait. Il a passé le samedi et le dimanche à nous éviter, dès qu’il apercevait nos tronches, il caltait ailleurs.

Heureusement il y a eu le repas. Et là, s’il voulait bouffer ; fallait qu’il vienne à notre table vu que c’était la seule chaise qui restait. Bien sûr, avant qu’on lui demande quoi que ce soit il nous a promis de venir nous voir, mais il tournait dans un sens (apparemment pas le nôtre) et faisait ça dans l’ordre.

Je vous ai déjà dis qu’il lui manquait trois dents devant, et en plus il perd ses cheveux (je ne le critique pas pour ça, ça arrive aux meilleurs). Alors, sachant que je n’avais rien à perdre, je lui ai demandé pourquoi il ne faisait pas des implants comme PPDA. Et là, ça a été la révélation du week-end. Il avait déjà porté une perruque… pas la sienne : celle d’un copain à lui. C’est à dire une perruque pas à sa taille (sic), quand il embrassait les filles la perruque pivotait sur sa tête (re sic). On a appris qu’il avait chaud avec, que ça le faisait transpirer et au bout de quinze jours, son copain lui a redemandé sa perruque… quelle vie de chien.

Marc et moi on s’en foutait de son interview on voulait juste l’avoir pour rigoler un peu. Il nous a achevé en proclamant qu’il avait raté le concert de Prince au Grand Palais, tout ça pour aller faire une interview minable d’un inconnu dans un autre coin de Paris.

Un type qui ne veut pas interviewer le Dallai Lama alors que ce dernier le souhaite ardemment a forcément quelque chose de spécial.

Eh bien moi je vais vous dire : je l’aime bien le journaliste de France Culture.

Communauté : Le monde du polar - Publié dans : Salons ou Festivals
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